Biennales dans le monde entier, foires, salles de ventes, galeries… Autant de scènes pour des oeuvres contemporaines en production continue. Signifiant « ce qui est de notre temps » cette notion est apparue au cours des années 1980. L’art contemporain regroupe toutes les créations récentes comprises entre les années 1945 à nos jours.

Avant tout, il est important de comprendre la rupture qui s’est produite entre le moderne et le contemporain. L’art n’a plus uniquement pour fonction de représenter fidèlement le réel. Il peut désormais s’essayer à d’autres formes, casser les canons de la beauté, et proposer des expérimentations nouvelles et des idées conceptuelles. L’arrivée de la photo, fin du XIXème siècle, avait déjà pris de le relais de la reproduction fidèle du réel. Les artistes peuvent désormais, laisser libre cours à leur imagination.

L’art moderne pratiquait cette évolution, tout en conservant les moyens classiques d’expression d’art. L’on parle alors, de la peinture à l’huile, de la sculpture de marbre, d’un opéra-ballet, ou même de théâtre. En matière d’art contemporain, le leitmotive est conservé. La différence réside dans les moyens utilisés. Il nous est tous déjà arrivé de se retrouver face à une oeuvre composées de déchets, ou d’objets du quotidien. Depuis peu, certaines oeuvres sont même faites grâce à la technologie, ou de gênes vivants (bio-art). Le théâtre fait appel à de nombreuses performances corporelles des acteurs, parfois nus sur scène. Les moyens sont donc changés. C’est toute la différence voulue par l’art contemporain. C’est ce qui a provoqué de nombreux débats. Beaucoup d’auteurs ont cherché à marquer leur temps avec des compositions de choc. Cet art peut être aussi perçu comme une transgression des frontières de l’art telles que les conçoivent l’art moderne et l’art classique.

De plus, le terme « contemporain » est aujourd’hui utilisé pour des artistes encore vivants et actifs, ce qui dans ce cas, placerait l’origine de la méthode contemporaine dans les années 1950, avec le Pop art*. En 2019, cet art contemporain est accepté et même encouragé. Il est source de créativité, d’ingéniosité, d’inventivité. Il part toujours d’un concept pour faire naître une sensation. La notion de mémoire collective, très présente autrefois au coeur des arts classiques et modernes, ne fait pas parti de ses codes. L’art contemporain ne cherche pas à défendre une idée, ou représenter un fait historique. Il est là pour fabriquer de l’art sous tout ses aspects, et juste provoquer une sensation dans l’esprit de son spectateur. Les artistes contemporains ont aussi pour but de travailler de nouvelles techniques. Beaucoup de pièces maîtresses, aujourd’hui conservées dans les musées, sont composées de plastiques, de métal soudé, et même d’anciennes oeuvres re-visitées. Cette appellation « d’art contemporain » est controversée. Car ce qui est contemporain pour nous aujourd’hui, ne l’a t’il pas été pour nos ancêtres ? Une oeuvre qualifiée de « classique » par nous, n’a t’elle pas été contemporaine autrefois ?

“Les artistes sont un peu comme des chercheurs qui expérimentent en s’appuyant sur ce qui a été fait par leurs prédécesseurs”, explique Elisabeth Couturier, critique d’art et auteur de L’art contemporain : mode d’emploi, (Flammarion, 2009). “Ils essaient d’être novateurs, d’aller plus loin.”

*Pop Art ; Le pop art utilise des symboles populaires, qui marquent l’inconscient dans un but de désacralisation de l’oeuvre d’art qui auparavant était réservée à une élite et qui ne couvrait que des sujets « nobles ». De Mickey Mouse à Marilyn Monroe, en passant par Mick Jagger, l’admiration quasi généralisée de certaines idoles y est exaltée de manière neutre ou non, selon l’artiste. La culture publicitaire de la société de consommation
est une autre source.