Né en 1986, Yelli, dit Manel, Ndoye se forme au dessin et à la peinture à l’Ecole des Beaux-arts de Dakar. Sa vocation de peintre grandit sous le regard bienveillant du « grand frère » Douts Ndoye avec qui il partage ses premiers tâtonnements en peinture. Son travail pictural est récompensé dès 2009 par le Festival International des Arts Visuels de Gorgan en Iran. Sorti major de sa promotion en 2010, Manel Ndoye commence à exposer régulièrement sur la scène locale (galerie du Manège, siège d’Eiffage Sénégal, galerie Arte) où il reçoit les encouragements de ses aînés, parmi lesquels l’artiste sénégalais et philosophe Joe Ouakam (1945-2017).
Il poursuit des recherches entre figuration et abstraction et trouve à exprimer sa sensibilité. Les toiles de Manel sont remarquées par le public international de la 10ème édition de la Biennale Dak’art en 2012. A cette occasion, il remporte le Prix de la Fondation Blachère avec, à la clé, une résidence de création qui débouche sur une exposition individuelle de ses toiles : il aborde la question de la pression sur les écosystèmes, la vie quotidienne des Lébous établis sur la côte et la danse Ndawrabine élément du patrimoine immatériel qui mime les gestes des pêcheurs.
Manel est attaché à cette expression dansée qui manifeste une relation d’intimité rare entre l’homme et la mer et qui offre au regard l’éclat de tenues vestimentaires qui subliment les femmes. Le peintre accorde les sonorités de sa palette au chatoiement et au mouvement effréné des danseuses. Il en fait désormais son sujet de prédilection, lequel trouve un écho avec des manifestations mettant à l’honneur la femme (Dakar Women Group Art Show, Féminités…). Tel un chorégraphe, Manel Ndoye juxtapose figures, fonds et traces écrites.
Manel Ndoye est dès lors sollicité pour des projets de grande envergure hors du Sénégal – en 2019 Lifting the Veil curaté par Carole Kvasnevski au Théâtre Royal de Marrakech, exposé aux côtés de Bruce Clarke, Jean-David Nkot, et Marc Padeau ; de Saint-Louis to Saint-Louis curaté par Modou Dieng, exposé aux côtés de Serigne Mbaye, Camara, Malick Welli, Layla Amatullah Barrayn etc… ; expo solo Geej à la galerie Carole Kvasnevski à Paris fin 2019 – début 2020.
Dans le même temps, sa place d’artiste se consolide localement. Sa dernière exposition individuelle, Traits et contrastes (avril – mai 2021) à la Galerie Hoop à Dakar, nous entraîne dans une plongée irrésistible vers les fonds marins. C’est aussi une pénétration vertigineuse de la matière observée au microscope à travers les faisceaux de lumière changeante.